Randonner dans les Calanques

Randonner, se promener l’été dans le massif des Calanques est un réel plaisir tant les paysages offrent des panoramas à couper le souffle.

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Des milliers de randonneurs empruntent les chemins au sein du Parc National, ce qui entraîne une vigilance particulière tant la nature est fragile et exposée à de nombreux risques.

Spontanément, on pense au risque d’incendies, qui est effectivement majoré l’été du fait de la sécheresse et sous l’action aggravante du vent, dans un contexte de changement climatique qui apporte une amplification du contexte dangereux.

La nature elle-même est vulnérable, du fait de l’importance de la fréquentation, et des risques de négligence, d’imprudence ou de malveillance. Certaines espèces endémiques sont discrètes et fragiles et nécessitent d’être préservées, certains milieux sont uniques et ne pourront pas se reconstituer (comme les pierriers qui sont des vestiges d’activité glaciaire, mais il n’y a plus de glaciers dans les Calanques).

La végétation se reconstitue après les incendies, mais lentement et avec de plus en plus de difficultés si les feux reviennent trop souvent. Cela amène une modification significative des paysages, car un des rôles de la végétation est de maintenir la terre sur le socle rocheux. S’il n’y a plus de racines pour le faire, alors l’érosion devient très importante.

Il y a aussi autre chose qui est fragile dans le massif : ce sont les randonneurs eux-mêmes, qui quand ils sont mal préparés et/ou équipés, s’exposent à des accidents ou des situations fâcheuses.

Nous allons voir ici comment comprendre les risques et s’en prémunir, au moyen de quelques règles simples de prudence.

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Le Risque Incendie

L’été, de juin à septembre, l’accès aux massifs forestiers des Calanques est règlementé, en tenant compte du risque incendie qui est déterminé quotidiennement.

Fruit de la combinaison de nombreux facteurs (météo, hygrométrie, évènements exceptionnels…) il permet avec un code couleur simple de connaître les conditions d’accès au massif forestier.

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Chaque jour, il est consultable sur internet, ou avec l’application Envie de Balade sur mobile.

Pour les randonneurs, c’est encore plus simple : la couleur de risque ROUGE indique que toute présence dans les massifs est INTERDITE.

Pourquoi une interdiction ?

  • Pour éviter d’introduire des risques supplémentaires dans le massif (fumeurs, barbecues, bivouacs…), d’autant plus que ces personnes randonnent parfois loin des moyens d’accès pour les secours.
  • Pour ne pas exposer les promeneurs au risque d’incendie, afin qu’ils ne se retrouvent pas piégés par le feu, ce qui entraînerait de devoir consacrer des secours pour les récupérer et pourrait retarder la mise en œuvre de moyens efficaces pour lutter contre les flammes. Par ailleurs, la propagation rapide les jours à risque peut générer de la panique, des sur-accidents, et empêcher de se rendre en zone sécurisée rapidement.

Tout contrevenant ne respectant pas ces règles est passible d’amende de 4ème classe et de poursuites pénales et, en cas d’incendie, d’une amende pouvant atteindre 3,750 euros (article R322.5 du code forestier).

Il faut donc, avant toute sortie en forêt dans le massif des Calanques :

  • Préparer sa sortie, son itinéraire, et consulter la météo et les risques incendie,
  • Prendre avec soi un téléphone mobile (chargé) pour prévenir les secours si besoin (N° d’appel : 112)
  • Prévenir votre entourage de votre itinéraire,
  • Ne jamais quitter les chemins balisés (cela permet aussi de préserver la végétation du piétinement, ou de l'érosion dans les zones d'éboulis).

Sur le terrain, des agents de l'Office National des Forêts, du Parc National des Calanques, des pompiers dans le cadre des missions VLS et des scouts en missions de surveillance des forêts veillent et signalent tout départ de feu. Ils sont en tenue et agissent selon les dispositions de l'ordre départemental feux de forêts.

 

Préserver la Nature

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Il est indispensable quand on évolue dans le massif des Calanques de ne pas sortir des sentiers balisés.

Cela permet non seulement de faciliter votre récupération en cas de départ de feu, mais aussi de préserver les sols et la végétation :

  • Les sols s’érodent facilement, et dans la zone, la roche n’est jamais loin, la couche de « terre » est par endroit fine, et doit être préservée.
  • La végétation est par endroit composée d’espèces protégée ou qui font l’objet d’un plan de reboisement ou de développement dirigé. Il ne faut pas la piétiner, ni cueillir d’aromatiques, et ce d’autant plus que la fréquentation est importante.

La flore est très diversifiée, parfois rare, et bien adaptée au milieu aride des Calanques. Il ne faut pas déséquilibrer ce milieu fragile.

 

Tout bivouac est interdit dans l’enceinte du Parc National des Calanques.

 

Comme partout ailleurs, il faut veiller strictement à ne pas laisser de déchets, on peut même avoir avec soi un « deuxième sac » pour emporter les déchets abandonnés que l’on serait amenés à rencontrer.

Il en est de même pour la faune : rapaces, rongeurs, reptiles, mammifères, qui dans le Parc National doivent être protégés et rester tranquilles.

Éviter les nuisances sonores (enceintes bluetooth…) et ne pas nourrir les animaux, y compris les sangliers.

 

Se Préparer et s'équiper

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Évoluer à pied dans les Calanques ne doit pas se faire à la légère. Même si la mer est à proximité, l’environnement n’est pas celui des plages habituelles.

Les chemins sont caillouteux, présentent des dénivelés parfois importants, rendant le port de chaussures adaptées impératif : chaussures de randonnée fermées pour protéger des pierres et permettre de conserver une bonne mobilité en cas d’évacuation. Les tongs et autres sandales sont à proscrire !

Il y a peu de points de ravitaillement en eau, il faut donc prévoir d’emporter avec soi suffisamment d’eau, en tenant compte de la chaleur, du soleil, mais aussi du vent qui est déshydratant.

2 litres par personne est un minimum, sachant que pour des itinéraires plus longs ou engagés, 4 litres ne seront pas superflus.

Il faut boire régulièrement, la soif est un signal d’alarme envoyé par l’organisme, le risque de coup de chaleur par insolation est bien réel.

Comme pour toute randonnée, il faudra consulter la météo qui peut changer rapidement, de même que les conditions d’accès au massif avant de partir.

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Disposer d’une carte et savoir l’utiliser, pour se repérer, s’orienter et se déplacer en toute sécurité. Ne pas hésiter à utiliser les topo guides de la Fédération Française de Randonnée Pédestre, qui donnent de bonnes indications sur les itinéraires et leurs éventuelles difficultés.

Le terrain parfois abrupt, la chaleur, sont des facteurs qui vont influer votre capacité de déplacement.

Prendre garde également à ne pas se laisser piéger par la nuit, il faut parfois une bonne heure au moins pour rejoindre les parkings.

Certaines zones des calanques au pied du mont Puget sont plus engagées et isolées (col de la Candelle, du Devenson, de l’Oule, pas de l’œil de Verre, etc) et sont à emprunter avec précautions et si vous êtes expérimentés seulement.

Emporter également une petite trousse de premiers soins, sans oublier un chapeau, de la crème solaire, et penser à des vêtements de pluie et chauds en cas d'intempéries.